Savoir lire une étiquette

ÉTIQUETAGE DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES.

L’étiquetage est obligatoire et doit être rédigé en français. L’étiquette doit être impérativement lue par l’opérateur avant l’utilisation du produit car elle contient de nombreuses informations réglementaires :

  1. les données d’identification du produit : nom commercial, type d’action du produit, numéro d’Autorisation de Mise en Marché (AMM), nom du metteur en marché.
  2. les caractéristiques intrinsèques du produit : la ou les substances actives, le type de formulation, la quantité nette  de produit, le numéro de lot et la date de fabrication.
  3. les usages et les conditions spécifiques d’utilisation du produit : usages, doses autorisées, délai avant récolte, zones non traitées, autorisation pendant la période de floraison, et surtout :

  4. le pavé de sécurité : pictogrammes d’indications de danger, phrases de risque (H) et conseils de prudence (P) liés aux caractéristiques physico-chimiques, toxicologiques et éco-toxicologiques de la préparation.


C’est grâce à l’étiquette et en particulier grâce aux informations contenues dans le pavé de sécurité que l’opérateur va pouvoir se renseigner sur la nature du danger potentiel lié aux propriétés toxicologiques et éco-toxicologiques du produit. Muni de ces informations il pourra prendre des mesures adéquates  pour s’organiser et se protéger lors des différentes phases du traitement, il diminuera ainsi  très fortement son exposition au produit.

>> Télécharger le tableau de correspondance des phrases H

 

LIRE ATTENTIVEMENT L'ÉTIQUETTE

 

ATTENTION L'ETIQUETAGE A EVOLUE: 

 

L’étiquetage des produits et les FDS est maintenant conforme à la version CLP ( nouveau règlement CE 1272/2008). Cette mise en conformité des étiquettes et des FDS, obligatoire depuis le 1er juin 2015,  est complète depuis cette date en ce qui concerne tous les produits de la gamme sapec Agro.

Le Système Globale Harmonisé (SGH) copié sur le système européen est en cours de mise en place au niveau mondia. Les pictogrammes, et notamment les phrases de danger et les phrases de prudence ont changé sur les nouvelles étiquettes. Ce nouveau système est obligatoire depuis le 1er juin 2015 en ce qui concerne les produits phytosanitaires. les bidons étiquetés avec les anciennes étiquettes et déjà en stock au 1er juin 2015 pourront être écoulés pendant un délai de 2 ans à compter de cette date. 

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Une campagne de communication a été réalisée et le sera à nouveau auprès des distributeurs de produits phytosanitaires afin d'informer les agriculteurs.

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LE NOUVEL ETIQUETAGE SELON LE REGLEMENT (CE) 1272/2008 EST DESORMAIS BIEN EN PLACE

L’ancien étiquetage des produits et les FDS, conformes à la directive 1999/45/CE (DPD), a complètement disparu des gammes actuellement commercialisées depuis Juin 2015 pour laisser place à la version CLP conforme au nouveau règlement CE 1272/2008. Cette mise en conformité des étiquettes et des FDS s'est passée exactement comme il avait été prévu en ce qui concerne la gamme SAPEC AGRO.

Bien sûr l'agriculteur peut encore utiliser jusqu'en 2017 (voir plus bas) des produits étiquetés avec l'ancienne présentation.

1 / Rappel de la réglementation :
-Nouvel étiquetage CLP obligatoire à partir du 1er juin 2015
-Délai d’écoulement des stocks par le distributeur : 2 ans à compter du 1er juin 2015 soit 1er juin 2017
Vous retrouverez ces dates dans le tableau de synthèse ci-dessous. (source : Guide de l’étiquetage et de l’emballage conformément au règlement CE 1272/2008 Agence Européenne des produits chimiques ECHA-11-G-04- FR)
Attention : les produits phytopharmaceutiques sont des « mélanges ».

tl_files/contenu/images/tableau synthese CLP labelling.png

2/ L'application de la réglementation par Sapec Agro : 
Sapec Agro s'est conformé à la réglementation en vigueur pour tous les produits de sa gamme. Depuis le 1er juin 2015 toutes nos étiquettes et FDS sont conformes à la nouvelle réglementation.
Toutes nos FDS étant consultables sur ce notre site SAPEC AGRO et sur QUICK-FDS,  si vous avez été notamment sur ce deuxième site vous avez été automatiquement informé lorsque la nouvelle version "CLP" est devenue disponible à la consultation et au téléchargement.

 


Les mélanges extemporanés : restrictions

Pour des raisons de sécurité vis-à-vis de la santé des utilisateurs, il est interdit  de réaliser des mélanges avec :

  • 1 produit classé T ou T+
  • 1 produit avec une ZNT de 100 m d’une part, 1 produit de la famille des pyréthrinoïdes avec d’autre part, 1 produit de la famille des triazoles ou des imidazoles en période de floraison ou de production d’exsudats (possibilité d’applications successives avec un minimum de 24 h entre chaque application) selon l’article 1er de l’arrêté du 28 novembre 2003.
  • Pas de mélanges avec combinaison de phrases H suivantes :

tl_files/contenu/annexes_pdf/Tableau des melanges avec phrases de danger H.png

 

En dehors de ces restrictions réglementaires, il est rappelé aux utilisateurs de produits phytosanitaires que les mélanges autorisés sont réalisés sous leur entière responsabilité. Avant de traiter toute culture avec un mélange extemporané de produits, il est nécessaire de s’assurer au préalable :

 

  • de la bonne compatibilité physico-chimique des produits en mélange (afin d’éviter par exemple des floculations et des bouchages de buses).
  • de l’absence de risque de phyto-toxicité sur la culture (en cas de doute, nécessité de faire un essai sur une faible surface de culture).
  • de la compatibilité d’action des différents produits en présence (un produit peut contrarier l’activité d’un autre et faire baisser l’efficacité du mélange).

Bien se protéger EPI

J’apprends à connaître les principales voies de pénétration des produits phytosanitaires dans le corps.


5 voies de pénétrations :

Schéma des voies de pénétrations

La voie cutanée est la principale voie de pénétration des produits phytosanitaires dans le corps : les mains  représentent SEULEMENT 5% de la surface du corps MAIS  60 à 80 % des contacts !!!


Avant de réaliser mes traitements phytosanitaires je fais ma check-list :

  1. J’identifie toutes les tâches exposantes vis-à-vis des produits phytosanitaires
  2. Je vérifie ma compétence et ma formation pour traiter (certificat opérateur et décideur en exploitation agricole ou en travaux et services)
  3. J'organise rationnellement mes installations : la base phyto(local phyto, aire de remplissage/nettoyage du pulvérisateur, aire de stockage/traitement des effluents)
  4. J’investis dans un matériel de traitement aux normes et adapté à l’exploitation et je l’entretiens régulièrement (le contrôle technique du pulvérisateur est obligatoire tous les 5 ans)
  5. J’organise mon chantier de traitement en gérant les travaux de co-activité et les interventions sur les cultures traitées, en prenant en compte les conditions météorologiques, la gestion des incidents (bouchage de buses)
  6. Je développe ma sécurité collective (cabine du tracteur bien isolée, en surpression et équipée de filtres particules et charbon actif)
  7. Je me protège enfin avec des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés à mes besoins.


Le choix des EPI ne doit intervenir qu'en toute fin de ma liste des points à prendre en compte pour ma sécurité et celle de mes salariés ou de mes collaborateurs !!!

LES E.P.I - J’adapte ma protection individuelle à mon risque d’exposition aux produits phytosanitaires :
D’un point de vue du risque d’exposition la phase de remplissage se place en premier (manipulation des produits concentrés), puis vient celle de l’application surtout en absence de cabine ou lorsque celle-ci ne comporte pas de filtre charbon actif et enfin la phase de lavage du pulvérisateur. La phase de manipulation, transport et stockage bien que moins exposante n’est pas dénuée de risques surtout en cas d’incidents (chute de bidons, sacs).

  Préparation de la bouillie et remplissage du pulvérisateur Application Lavage extérieur du pulvérisateur Manipulation des bidons, sacs, stockage, transport
    Cabine sans filtre au charbon actif Cabine avec filtre au charbon actif    
Gants EN 374 réutilisables OUI OUI NON OUI OUI
Gants EN 374 jetables Possible OUI, toujours à portée en cas de besoin OUI, toujours à portée en cas de besoin Possible Possible
Masques A2, P3

OUI OUI NON OUI Facultatif
Combinaison Tablier

OUI OUI NON OUI Possible
Lunettes OUI OUI NON OUI Facultatif
Bottes OUI OUI NON OUI Facultatif


OUI = indispensable!!

Protéger l'environnement

Les moyens de limiter les pollutions ponctuelles

Pour préserver mon environnement, je dois veiller  à ce que mon activité ne contribue pas à le polluer.

Je stocke mes produits phytosanitaires dans un local spécifique, dédié aux produits phytosanitaires afin :

  • de limiter son accès aux seules personnes  autorisées et assurer la sécurité de ma famille
  • d’éviter une pollution de l’environnement
  • de conserver les produits phytosanitaires dans de bonnes conditions de température et d’humidité
  • de sécuriser et de faciliter les manipulations des produits lors des préparations de bouillie

Je gère mes déchets solides

Lors de la préparation de la bouillie je rince 3 fois mes bidons et je les égoutte sur un dispositif prévu à cet effet.
Je les stocke ensuite dans des saches Adivalor (organisme chargé de la collecte et du traitement des déchets de l’agrofourniture) que m’a donné mon fournisseur de produit, en mettant les bouchons bien à part dans un petit sac. Je profite des dates de collecte pour rapporter mes bidons et mes bouchons au point de collecte indiqué, en général chez mon fournisseur de produit phytosanitaire. La reprise de mes emballages vides de produits phytosanitaires en gratuite si le logo ADIVALOR figure sur l'étiquette du bidon.
Sapec Agro ainsi que la plupart des firmes phytosanitaires ont en effet cotisé auprès d’ADIVALOR pour financer la filière d’élimination des  emballages et le logo est une preuve que la firme metteur en marché a bien cotisé. 

Vérifiez bien que ce logo est présent sur l'étiquette de votre produit phytosanitaire au moment de l'achat, car en cas d'absence, vous pourriez avoir des difficultés à le faire reprendre votre emballage une fois vide.

Je rapporte également mes Produits Phytosanitaires Non Utilisables (PPNU) à mon distributeur. Ils seront également pris en charge par ADIVALOR. Attention : si le logo ADIVALOR ne figure pas sur l'étiquette, la reprise ne sera pas gratuite. 

Je stocke mes EPI usagés dans un sac. Ce sont des déchets dangereux, je ne les mélange pas aux déchets domestiques mais je les apporte à une déchèterie, mon fournisseur peut également me proposer de les reprendre.


Je gère mes déchets liquides

Mon activité génère des effluents liquides contenant des substances phytosanitaires, ce sont des déchets dangereux qu’il convient d’éliminer en respectant la réglementation en vigueur. L’arrêté du 12 septembre 2006 précise les conditions dans lesquelles je peux gérer mes effluents et notamment mes fonds de cuve à la parcelle. Je peux également décider de ramener ces fonds de cuve sur l’exploitation.

Dans ce cas je les stocke dans une cuve étanche. Cette cuve va également pouvoir récupérer les effluents liquides contaminés issus du nettoyage de mon pulvérisateur et provenant  de mon aire de lavage spécialement aménagée à cet effet. Je pourrais ensuite soit faire reprendre ou faire traiter sur place ces déchets liquides par un prestataire agréé qui me remettra en échange un bon de prise en charge, confirmant leur transport et leur élimination dans des conditions réglementaires.

Je peux également traiter moi-même ces déchets grâce à l’un des 14 procédés approuvés par le MEEDDM (Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la mer).


Je veux en savoir plus :

Réduire les pollutions diffuses

Je réduis mes pollutions diffuses


Je tiens compte des conditions météorologiques au moment de décider de traiter ma parcelle. Par exemple le vent peut, s’il est trop fort, entrainer près de 15 à 20% de la pulvérisation en dehors de la parcelle et donc générer une contamination des abords, des eaux superficielles et de l’air. De plus mon traitement perdra une grande partie de son efficacité … !

Réglementairement les applications ne peuvent avoir lieu que si l’intensité du vent est inférieure ou égale à 3 sur l’échelle de Beaufort (=19 km /heure).

 

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Je diminue considérablement les risques de contaminations des eaux en mettant en place des bandes enherbées près des points d’eau.

Cette zone non traitée est spécifique à chaque produit phytosanitaire : elle figure sur l’étiquette (voir chapitre savoir lire une étiquette).



LES CLASSES DE ZNT

(Arrêté du 12 septembre 2006)

Gestion du risque aquatique et des ZNT : répartition des couples produits-usages en 3 classes de risque.

Classe 1 Risque le plus faible : 5mètres
Classe 2 Risque modéré : 20 mètres
Classe 3 Risque fort : 50 mètres
Cas échéant Risque exceptionnel : > 100 mètres


En l’absence de mention, instauration d’une ZNT par défaut de 5 m.
La ZNT ne s’applique pas aux produits ayant une AMM pour une utilisation « plantes aquatiques » ou «semi aquatiques » ou « rizière » ainsi qu’aux produits dont l’étiquette mentionne « ne pas appliquer de ZNT ».


Je peux réduire la ZNT d’un produit lorsqu’elle est de 20 ou de 50 mètres à seulement 5 mètres.

Pour cela j’ai une solution :

  • mettre en place un dispositif végétal (haie) permanent de 5m de large au minimum (les bandes enherbées de la PAC en grandes cultures), contiguë et continu en bordure des points d’eau, et arbustif pour les cultures hautes (arboriculture, viticulture, houblon, cultures ornementales hautes). La hauteur de la haie doit être au moins équivalente à celle de la culture en place, être herbacée pour les cultures basses type céréales ou arbustive pour les autres cultures.
  • mettre en œuvre les moyens de limiter au tiers le risque vis-à-vis du milieu aquatiques que représentent les conditions normales d’application des produits (dose moindre, buses anti-dérive…). Les buses anti-dérive doivent figurer sur une liste publiée au Bulletin Officiel du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche ET enregistrer toutes ces pratiques phytosanitaires sur mon cahier de traitement.

>> Télécharger la liste officielle des buses anti-dérive réactualisée en février 2012

Que faire en cas d’intoxication aigüe ?

Mesures à prendre en cas d’intoxication aigue : surtout garder son calme !


tl_files/contenu/images/pictos_douches.pngEn cas de contact avec les yeux, la peau :

Laver immédiatement et abondamment (pendant 15 minutes) à l’eau et au moindre doute consulter un ophtalmologiste en apportant la FDS ou l’étiquette du produit.


En cas d’ingestion accidentelle :

Contacter immédiatement un médecin et/ou le centre anti-poison et se munir de l’étiquette ou de la FDS du produit :


Les numéros d’urgence : 15 - 18 - 112


LES GESTES A NE PAS FAIRE :
Ne pas provoquer de VOMISSEMENTS (sauf indications contraires…),
ne faire boire aucun liquide (eau ou lait).



Quelques centres anti-poison :

  • Paris : 01 40 05 48 48
  • Toulouse : 05 61 77 74 47
  • Marseille : 04 91 75 25 25
  • Strasbourg : 03 88 37 37 37
  • Lille : 0800 59 59 59
  • Rennes : 02 99 59 22 22
  • Lyon : 04 72 11 69 11

Liste complète des centres anti-poison : http://www.centres-antipoison.net/


ENSUITE SEULEMENT vous pouvez appeler le réseau MSA pour témoigner de votre accident :

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